Cette année, tous les orangers du château de La Nerthe ont gelé. Il faut dire que l’on a subi une vague de froid, que l’on n’avait pas vue dans le secteur de Châteauneuf-du-Pape depuis un sacré bail. Les deux premières semaines de février n’ont pas vu une nuit au-dessus de zéro et en journée, le mercure peinait à passer positif. Les orangers, une dizaine environ, installés dans d’énormes réceptacles de terre cuite sur la terrasse sud du château, avaient bien été protégés par des voiles, mais le froid fut trop vif, et surtout trop long. Ils n’ont pas survécu. Entièrement gelés, ils ont du être taillés courts en espérant que la végétation repartira, tenace comme elle sait l’être dans l’adversité. Quelques palmiers égayant la terrasse ont subi le même sort, mais curieusement, pas tous. J’ai vu ce spectacle désolant un vendredi treize, n’y voyez aucune relation de cause à effet, alors que j’étais convié à une dégustation d’exception sur ce domaine. Une grosse douzaine de pointures en vins de la région – plus moi, bien plus modeste – étions reçus par Christian Vœux dans la salle de dégustation du château – justement, l’ancienne orangeraie – pour un panorama des vins des domaines de la famille Richard, qu’il vinifie, plus ceux de son domaine de l’Amauve, à Séguret. J’ai passé un moment vinique inoubliable, que ce soit lors de la visite des installations (les cuves taillées directement dans la pierre !) ou lorsque Christian a débouché ses flacons. Je ne vous décrirai pas ces vins, d’autres écrivent des comptes-rendus de dégustation bien plus savamment que moi, et je vous renvoie à leurs chroniques. Mais pour me résumer, de mon passage à La Nerthe, retenez trois choses :
- La Nerthe, un Châteauneuf d’exception en blanc comme en rouge, si vous en croisez, jetez-vous dessus,
- Le domaine de l’Amauve, une qualité exceptionnelle sur toute la gamme, un sommet dans sa catégorie,
- Si vous avez des orangers en pots, rentrez-les l’hiver.


